La réforme PASS / LAS
En 2027, le PASS et la LAS laissent place à une voie d’accès unique aux études de santé. C’est le changement le plus structurant depuis 2020.
Derrière cette simplification, un changement profond : on ne réussira plus de la même manière. L’accès se joue désormais sur un parcours, et non plus sur un concours-couperet.
Cette page s’adresse aux lycéens actuellement en Première et en Terminale, ainsi qu’à leurs parents. Les bacheliers 2026 ne sont pas concernés : ils entrent dans le système PASS/LAS actuel et le suivent jusqu’au bout.
Le parcours de cette page
Quatre parties, dans l’ordreÊtes-vous concerné ?
C’est la première chose à vérifier, et elle tient à une seule année.
Bachelier 2026 — non
Vous entrez dans le système PASS/LAS actuel et vous le suivez jusqu’au bout. La réforme ne vous concerne pas.
Bachelier 2027 — oui
Vous êtes la première promotion de la voie unique. Vous formulerez vos vœux dès la campagne Parcoursup de l’année prochaine.
Actuellement en Première
Vous entrez dans le supérieur en 2028. Le système sera en place, et votre année de Terminale compte déjà.
D’où vient cette réforme ?
La PACES a été supprimée en 2020 au profit de deux voies d’accès : le PASS et la LAS. L’ambition était double — diversifier les profils des étudiants admis et offrir de vraies possibilités de réorientation.
Après plusieurs années, les limites sont apparues : une offre difficile à comparer, des modalités de sélection différentes d’une université à l’autre, et un choix PASS/LAS souvent opaque — particulièrement pour les familles peu familières de l’enseignement supérieur.
Deux voies créées : PASS et LAS
Forte hétérogénéité entre universités
Licence Portail Santé
Ce qui change vraiment en 2027
Le 17 avril 2026, les ministres de l’Enseignement supérieur et de la Santé ont officialisé la fin du système PASS/LAS. Une voie d’accès unique et nationale les remplace, accessible sur Parcoursup.
Elle concerne les cinq filières MMOPK — médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie et kinésithérapie, cette dernière désormais pleinement intégrée. Les cinq filières partagent une première phase de sélection commune avant l’entrée dans les cursus spécifiques.
Comment s’organise la première année
Trois blocs d’enseignement complémentaires. Le bloc santé et le bloc disciplinaire pèsent le même poids — ce ne sont pas une majeure et une mineure.
Bloc santé
24 – 30 ECTSBiologie cellulaire · Chimie · Biochimie · Anatomie · Physiologie · Sciences médicales fondamentales · Santé publique
Le socle scientifique commun à toutes les filières. C’est le cœur médical du cursus, et le bloc classant.
Bloc disciplinaire
24 – 30 ECTSBiologie · Chimie · Mathématiques · Droit · Psychologie · Sciences humaines et sociales · STAPS · Sciences infirmières
La discipline « d’appui », choisie par l’étudiant. Elle sécurise le parcours en cas de non-accès à la santé. L’offre varie d’une université à l’autre.
Bloc transversal
6 – 12 ECTSCommunication · Éthique médicale · Raisonnement scientifique · Travail en équipe · Sciences humaines appliquées au soin
Les compétences humaines, en réponse à une demande des professionnels de santé.
Largeur des barres proportionnelle au volume maximal, sur une année de 60 ECTS.
Sur quoi se joue la sélection
C’est la distinction la plus mal comprise de la réforme : être éligible et être classé sont deux choses différentes.
Être éligible
Pour être classé, l’étudiant doit valider le bloc santé et le bloc disciplinaire, avec une moyenne d’au moins 10/20 sur chacun.
Être classé
Le classement s’appuie sur quatre éléments :
Des épreuves orales seront par ailleurs encouragées, selon l’organisation propre à chaque université.
Les deux chances et le redoublement
C’est la mécanique la plus souvent mal comprise, et pourtant décisive. Tout dépend d’une chose : les blocs sont-ils validés ?
Les passerelles
À côté de la voie principale, la réforme prévoit des passerelles pour les titulaires d’une licence complète et pour certains profils paramédicaux. Une expérimentation est par ailleurs annoncée pour l’accès à la pharmacie.
Ce qui ne change pas
Une réforme qui « simplifie » peut donner une fausse impression : celle que l’accès deviendrait plus facile. Ce serait un contresens.
- La sélection est maintenue. Le nombre de places en médecine, pharmacie, maïeutique, odontologie et kinésithérapie n’augmente pas par l’effet de la réforme. La loi dite « Neuder », adoptée en juin 2025, a supprimé le numerus apertus : les capacités d’accueil sont désormais fixées par les universités, prioritairement en fonction des besoins de santé des territoires. Mais les places restent limitées et la demande, très forte.
- L’exigence scientifique reste intacte. Le bloc santé demeure dense et sélectif : c’est sa fonction. Dans un classement serré, quelques dixièmes de point séparent parfois ceux qui accèdent de ceux qui échouent.
- Les facteurs de réussite sont inchangés. Compétences scientifiques, rigueur, capacité d’organisation.
Le chemin devient plus lisible, pas plus court. La compétition ne disparaît pas — elle change de forme.
Du concours au parcours : le changement de logique
Une performance concentrée
Un concours, une échéance, un couperet.
L’ensemble du parcours
Le classement s’appuie sur toute l’année académique.
Conséquence directe et sous-estimée : la régularité l’emporte sur le bachotage. Ce qui se construit tout au long de l’année — méthode de travail, solidité des bases, capacité à tenir un rythme — devient ce qui départage.
Et ce parcours commence avant même la première année. C’est pourquoi la terminale cesse d’être une simple année de préparation au baccalauréat.
On ne rattrape pas un an de parcours en trois semaines de révisions.
Pourquoi tout se joue avant la première année
Le bloc santé avance à un rythme universitaire, très supérieur à celui du lycée. En quelques semaines, on y traite ce qui prendrait des mois en terminale.
Dans un classement où quelques dixièmes de point séparent les admis des recalés, cet écart de départ pèse lourd, et il se creuse dès les premières évaluations. Or ce qui fait la différence à ce moment-là ne se construit pas en septembre : cela se construit avant.
Ce n’est pas le plus rapide qui réussit, c’est celui qui n’a pas de retard à combler.
Que faire dès la terminale : la checklist
Anticiper ne veut pas dire se surcharger. Cela veut dire faire les bons choix, au bon moment.
Soigner ses spécialités scientifiques
Maths, physique-chimie et SVT pèsent dans le dossier Parcoursup. On n’abandonne pas une spécialité scientifique à la légère.
Viser la régularité, pas les à-coups
Le classement s’appuiera sur l’ensemble du parcours : chaque trimestre compte.
Construire une méthode de travail
Planifier, ficher, mémoriser activement. C’est cette compétence, plus que le volume, qui fait tenir la distance.
Consolider les bases scientifiques
Une notion mal comprise en terminale devient un handicap en première année.
Préparer le Grand Oral
Épreuve du bac, mais aussi entraînement à l’expression et à l’argumentation.
Réfléchir au sous-vœu disciplinaire
Nouveauté 2027 : le filet de sécurité se choisit dès Parcoursup.
Se documenter sur les métiers MMOPK
Se projeter avec lucidité sur ce que sont réellement ces études.
Aucun de ces leviers n’exige de sacrifier sa vie de lycéen. Ensemble, ils font la différence entre subir la première année et l’aborder avec une longueur d’avance.
Les deux années qui comptent
Puisque l’accès se décidera sur un parcours et non sur un examen unique, la préparation ne commence plus à l’entrée en première année : elle commence au lycée.
Règlement possible jusqu’à dix mensualités sans frais.
En Première — la Prépa Première Élite
Construire les fondations, un an avant que la pression ne monte. Stages intensifs pendant les vacances en maths, physique-chimie et SVT, deux journées bac de français, 12 h d’ateliers de méthodologie Hermione Médecine. Entre les stages, la plateforme : fiches, vidéos, exercices corrigés, questions-réponses 7 j/7.
En Terminale — la Prépa Terminale Santé
Deux objectifs simultanés : sécuriser le dossier — spécialités, Grand Oral, vœux Parcoursup — et prendre de l’avance sur le bloc santé, avec 178 h de cours d’anticipation en sciences médicales. Trois leviers propres à la Terminale : accompagnement Parcoursup individualisé incluant le choix du sous-vœu disciplinaire, coaching Hermione Médecine, préparation au bac et au Grand Oral.
Le calendrier à surveiller
Annonce officielle : fin du PASS/LAS
Dernière promotion PASS/LAS
Dépôt des maquettes pédagogiques
Parcoursup : vœu et sous-vœux
Première promotion, voie unique
Ce qui reste à confirmer
Les grandes lignes sont fixées, les détails ne le sont pas tous. Voici ce qui reste ouvert, dit clairement.
Le nom
« Licence Portail Santé » figure dans les projets de textes ; il sera confirmé à la publication du décret.
Le calendrier
Certaines instances demandent un report à 2028. Le gouvernement maintient 2027.
Les modalités
Organisation des blocs, place des oraux et seuils seront fixés dans les maquettes de novembre 2026.
Les places
La répartition entre première et seconde chance n’est pas encore arrêtée, et des spécificités locales pourraient subsister.
Questions fréquentes
Mon enfant entre dans le supérieur en septembre 2026. Est-il concerné ?
Non. Le PASS et la LAS restent en vigueur pour la rentrée 2026. La réforme concerne les bacheliers 2027.
La réforme rend-elle les études de santé plus faciles ?
Non. Elle rend le parcours plus lisible, pas moins sélectif. Le nombre de places n’augmente pas par l’effet de la réforme et la demande reste très forte.
Le redoublement est-il vraiment possible ?
Oui, en première année. Mais il faut passer en deuxième année pour retenter la sélection : redoubler ne redonne pas une chance immédiate de candidater.
Et si mon enfant n’accède pas aux filières de santé ?
C’est l’intérêt du bloc disciplinaire : il poursuit dans sa licence d’appui sans perdre son année. C’est pourquoi le choix du sous-vœu, dès Parcoursup, mérite une vraie réflexion.
Faut-il obligatoirement une prépa ?
Rien n’est obligatoire. Mais dans un classement qui se joue sur la régularité plutôt que sur une performance ponctuelle, un cadre aide.
Quand connaîtra-t-on les modalités définitives ?
Les maquettes pédagogiques des universités sont attendues d’ici novembre 2026. Elles fixeront les seuils, la place des oraux et l’organisation précise des blocs.
Comment s’appellera le nouveau diplôme ?
« Licence Portail Santé » est la dénomination employée dans les projets de décret et d’arrêté présentés en 2026. Elle n’est pas définitivement fixée à ce jour.
Faut-il choisir sa discipline d’appui dès Parcoursup ?
Oui. Le candidat formule un vœu principal pour la première année de santé, puis des sous-vœux selon la discipline d’appui choisie. L’offre de disciplines varie d’une université à l’autre.
- Annonce des ministères de l’Enseignement supérieur et de la Santé, 17 avril 2026
- Projets de décret et d’arrêté présentés en 2026 — dénomination « Licence Portail Santé », non définitive
- Loi dite « Neuder », adoptée en juin 2025 — suppression du numerus apertus
- Loi n° 2019-774 du 24 juillet 2019 — création du PASS et de la LAS
Les textes réglementaires ne sont pas parus au Journal officiel à cette date. Les maquettes pédagogiques des universités sont attendues d’ici novembre 2026 : elles fixeront les modalités de classement, la place des oraux et les seuils. Cette page est mise à jour à chaque étape réglementaire.
État des informations au 15 septembre 2026.
Pour aller plus loin
Les deux années qui comptent, et le détail des voies actuelles.
Le guide complet de la réforme
Tout ce qui figure sur cette page, réuni dans un document à conserver : les trois blocs, la mécanique des deux chances, la checklist de terminale et le calendrier à surveiller.