Les études de santé — filière
Les études d’odontologie
Les études d’odontologie durent six ans par la voie courte, six à neuf ou dix par l’internat. Après le PASS ou la LAS, cinq années mènent au diplôme de formation approfondie, puis une sixième année d’omnipratique délivre le diplôme d’État.
Trois spécialités seulement sont accessibles, sur concours national.
Le déroulé, avec une bifurcation en fin de cinquième année
Omnipratique
Diplôme d’État — 6 ans au total
Internat
DES — 6 à 10 ans au total
L’inscription en troisième cycle court est de droit après validation du DFASO. L’internat est accessible sur concours, présentable deux fois au maximum.
Premier cycle — trois ans
La première année est le PASS ou une LAS, sur Parcoursup. Les deux années suivantes se déroulent en UFR d’odontologie : sciences fondamentales, anatomie, biomatériaux, et déjà des travaux pratiques sur simulateur.
Le cycle représente six semestres et 180 crédits ECTS, validés par le diplôme de formation générale en sciences odontologiques, reconnu au grade de licence.
Deuxième cycle — deux ans, et l’entrée en clinique
C’est la rupture du cursus.
En quatrième et cinquième année, l’étudiant devient étudiant hospitalier salarié et soigne des patients, sous supervision, dans le service d’odontologie du CHU partenaire. La formation clinique représente plusieurs centaines d’heures par an.
Les enseignements théoriques s’élargissent : santé publique dentaire, odontologie légale, anesthésiologie, odontologie pédiatrique, parodontologie, réhabilitation orale. S’y ajoutent les gardes aux urgences dentaires.
Deux ans, 120 crédits, validés par le diplôme de formation approfondie en sciences odontologiques, reconnu au grade de master. Sa validation suppose également des certifications spécifiques, dont l’attestation de formation aux gestes et soins d’urgence.
La bifurcation de fin de cinquième année
C’est la décision structurante du cursus, et elle est mal connue.
Le troisième cycle court
D’un an, il prépare à l’exercice en omnipratique. L’inscription est de droit après validation du deuxième cycle. Il s’achève par la soutenance d’une thèse d’exercice et la délivrance du diplôme d’État de docteur en chirurgie dentaire. Total : six ans.
Le troisième cycle long — l’internat
Accessible sur concours national organisé par le Centre national de gestion. Il se présente à la fin de la cinquième année ou de la sixième, avec un maximum de deux tentatives. L’affectation en spécialité et en ville dépend du rang de classement.
La majorité des étudiants prend la voie courte. L’internat n’est pas une suite naturelle du cursus : c’est un choix, et un concours.
Les trois spécialités
Trois spécialités seulement, contre une quarantaine en médecine. C’est la différence structurelle la plus nette entre les deux filières : l’odontologie mène très majoritairement à un exercice généraliste.
Combien gagne-t-on pendant les études ?
En deuxième cycle, l’étudiant hospitalier perçoit une indemnité de stage fixée par arrêté, qui progresse d’une année à l’autre.
Les internes en odontologie relèvent de la même grille que les internes en médecine et en pharmacie.
Montants au 1ᵉʳ juillet 2023, en vigueur. Source : arrêté du 8 juillet 2022, annexe X, modifié.
S’y ajoutent une indemnité de sujétions particulières de 435,18 € bruts par mois pendant les quatre premiers semestres, une prime de responsabilité en 4ᵉ année, et l’indemnisation des gardes.
L’accès en Île-de-France
L’odontologie est l’une des filières les plus étroites des cinq. Les capacités franciliennes sont limitées, et les enseignements cliniques concentrés dans une seule UFR.
Première candidature. * Toutes voies. Les enseignements cliniques sont concentrés à l’UFR d’odontologie de Paris Cité. Ces capacités sont fixées chaque année par arrêté et évoluent.
Et les études dentaires à l’étranger ?
C’est une question fréquente, notamment vers l’Espagne, la Roumanie et la Belgique. Trois points, sans détour.
Le retour doit être anticipé, pas supposé
La reconnaissance du diplôme relève de la directive 2005/36/CE, mais l’inscription à l’Ordre est une démarche distincte, soumise à ses propres conditions. Ces points se vérifient auprès des autorités françaises compétentes avant de s’engager, et non après.
L’inscription à l’Ordre reste une démarche à part
Elle est soumise à des conditions propres — dont la maîtrise de la langue et la vérification des titres — distinctes de la seule reconnaissance du diplôme.
L’accès n’est ni gratuit ni sans sélection
Les coûts de scolarité y sont généralement sans commune mesure avec ceux de l’université française.
Ce que la réforme 2027 change
Elle ne concerne que l’entrée. Le PASS et la LAS sont remplacés par une voie unique, avec deux candidatures et un redoublement autorisé une fois. L’odontologie reste l’une des cinq filières accessibles.
Le reste du cursus — cycles, internat, spécialités — n’est pas modifié par cette réforme.
Ce qui n’est pas un bon critère
Croire que l’odontologie est « la médecine au rabais »
La sélection porte sur le même classement et les places y sont nettement plus rares. Ce sont deux métiers différents, pas deux niveaux d’un même métier.
Penser que l’internat est la suite normale du cursus
Il concerne une minorité d’étudiants et suppose un concours. La voie courte n’est pas un échec, c’est la voie majoritaire.
Choisir sur le nombre de places affiché
82 places en Île-de-France paraît peu, mais c’est le rapport entre places et candidats qui détermine la difficulté réelle.
Questions fréquentes
Combien d’années pour devenir dentiste ?
Six ans par la voie courte : trois ans de premier cycle, deux ans de deuxième cycle, un an de troisième cycle court. Huit à dix ans en passant par l’internat.
Faut-il passer par le PASS ou la LAS pour faire dentaire ?
Oui. L’accès se fait par la première année commune aux études de santé, via Parcoursup, comme pour la médecine.
Quelle est la différence entre le troisième cycle court et l’internat ?
Le cycle court, d’un an, mène à l’exercice généraliste et son inscription est de droit. L’internat, de trois à quatre ans, mène à l’une des trois spécialités et s’obtient sur concours national.
Combien de spécialités existe-t-il en odontologie ?
Trois : orthopédie dento-faciale, médecine bucco-dentaire et chirurgie orale.
Les études dentaires sont-elles rémunérées ?
À partir de la quatrième année, l’étudiant est étudiant hospitalier et perçoit une indemnité. Les internes relèvent de la grille nationale des émoluments.
Quand commence-t-on à soigner des patients ?
En quatrième année, en milieu hospitalier et sous supervision. C’est nettement plus tôt qu’en médecine, où l’autonomie clinique arrive à l’internat.
Sources et mise à jour
Code de l’éducation Arrêté du 22 mars 2011 modifié relatif au régime des études en vue du diplôme d’État de docteur en chirurgie dentaire Arrêté du 8 juillet 2022 relatif aux émoluments des personnels médicaux, annexe X modifiée Centre national de gestion, concours de l’internat en odontologie Arrêtés de numerus apertus des universités franciliennes, 2025-2026 Les capacités d’accueil sont fixées annuellement par arrêté. Les montants de rémunération sont ceux en vigueur au 1ᵉʳ juillet 2023. Les conditions de reconnaissance des diplômes étrangers relèvent de l’Ordre national des chirurgiens-dentistes.
État des informations au 8 septembre 2026.
Les autres filières
Les cinq filières MMOPK sont accessibles par les mêmes voies d’entrée.
Diploma Santé prépare à la première année dans les six facultés d’Île-de-France
Quelle que soit la filière visée, c’est la seule étape où la sélection se joue à l’entrée.